Ce que les conclusions de la récente conférence sur l’environnement COP30 signifient pour les secteurs du papier et de l’emballage en papier-carton.
Après près de deux semaines de débats, de discussions et même un incendie sur le site, la 30e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP30) s’est achevée sur un bilan mitigé, qui comporte un certain nombre d’implications majeures pour les secteurs du papier-carton et de l’emballage en papier-carton. Première COP organisée en forêt amazonienne, elle se voulait une « COP de mise en œuvre » visant à traduire les aspirations climatiques en actions concrètes ; pourtant, ses résultats ont été source à la fois de progrès et de frustration pour les industries mondiales dépendantes des ressources forestières et des systèmes circulaires.
Le texte du Mutirão
Le texte du « Mutirão » a constitué la pièce maîtresse de la COP30, regroupant en un seul accord quatre volets de négociation portant sur l’atténuation, le financement et les barrières commerciales. Les pays ont convenu de mobiliser au moins 1 300 milliards de dollars par an d’ici 2035 pour l’action climatique, tout en triplant le financement consacré à l’adaptation. Pour le secteur de l’emballage, cet engagement financier annonce une hausse des investissements dans les infrastructures durables, notamment les installations de recyclage et les systèmes d’économie circulaire dont les entreprises du papier et de l’emballage pourraient potentiellement bénéficier.
Protection des forêts
Cependant, la manière dont la COP30 a abordé la question de la déforestation s’est avérée très controversée. Le président de la COP30, André Corrêa do Lago, a annoncé son intention d’élaborer deux feuilles de route volontaires : l’une visant à enrayer et à inverser la déforestation, et l’autre à opérer la transition vers l’abandon des combustibles fossiles. Or, bien que plus de 80 pays aient réclamé une feuille de route visant à éliminer progressivement les combustibles fossiles et à mettre un terme à la déforestation, ces demandes n’ont pas été reprises dans le texte final contraignant.
Le Fonds « Tropical Forests Forever », qui vise à enrayer la disparition des forêts tropicales, a levé 5,5 milliards de dollars et compte désormais 53 pays participants ; au moins 20 % des ressources sont directement allouées aux peuples autochtones et aux communautés locales. Ce fonds offre aux producteurs de papier la possibilité de s’approvisionner auprès de forêts gérées de manière durable, même si certaines associations environnementales ont jugé ce résultat insuffisant. Les détracteurs ont fait valoir que les forêts se trouvent au carrefour du changement climatique et de la perte de biodiversité, et que les engagements volontaires incitent des secteurs tels que l’agriculture à continuer de tirer profit de la destruction des forêts.
L’économie circulaire
L’une des principales organisations présentes à la conférence était l’Organisation mondiale de l’emballage, qui s’est associée à l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) pour animer un débat sur les systèmes alimentaires durables. Cette session a souligné que des emballages sûrs, fonctionnels, économes en ressources et recyclables, qui prolongent la durée de conservation des produits, permettent de réduire au minimum les déchets et contribuent à la réalisation des objectifs climatiques.
Le lancement du « Global Circularity Protocol » destiné aux entreprises a constitué une avancée majeure, offrant aux entreprises le premier cadre normalisé leur permettant de quantifier, de gérer et de communiquer leurs performances en matière d’économie circulaire tout au long de leurs chaînes de valeur. Il s’agit là d’un outil essentiel pour les entreprises du secteur de l’emballage en papier-carton qui souhaitent démontrer leur engagement en faveur du développement durable à l’aide d’indicateurs mesurables.
Les résultats obtenus à ce jour par l’industrie papetière européenne illustrent de manière remarquable ces ambitions mondiales. Le taux de recyclage du papier en Europe s’élève actuellement à 75,1 %, soit le taux le plus élevé au monde, tandis que celui des emballages à base de papier-carton atteint 83,1 %. Ces chiffres font de ce secteur un modèle en matière de mise en œuvre de l’économie circulaire.
En avant et vers le haut
Pour les secteurs du papier-carton et de l’emballage, les conclusions de la COP30 constituent à la fois des opportunités et des défis. La conférence a réaffirmé que la transition mondiale vers un développement à faibles émissions et résilient face au changement climatique est « irréversible et représente la tendance de l’avenir », les investissements dans les énergies renouvelables dépassant désormais ceux consacrés aux combustibles fossiles dans un rapport de deux pour un.
L’absence d’engagements contraignants en matière de déforestation peut être considérée comme décevante, mais les feuilles de route volontaires et le renforcement des mécanismes financiers destinés à la protection des forêts indiquent que l’approvisionnement durable deviendra une exigence incontournable. La mise en place d’indicateurs standardisés de circularité signifie que les entreprises seront soumises à une pression croissante pour rendre compte de leurs performances environnementales.
Le lancement du « Global Implementation Accelerator », qui vise à maintenir les membres sur la bonne voie pour atteindre l’objectif de 1,5 °C, a constitué un signe encourageant, laissant entrevoir que les futures COP se pencheront sur la mise en œuvre plutôt que de se contenter de fixer des objectifs. Pour les industries du papier-carton et de l’emballage, cela signifie que la décennie à venir exigera des investissements substantiels dans les systèmes circulaires, l’approvisionnement durable et des progrès mesurables en matière de protection des forêts et de neutralité carbone.
Pour plus d’informations sur la COP30, rendez-vous sur news.un.org
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