L’industrie de la pâte à papier et du papier dépend de l’eau dans trois domaines essentiels. Tout d’abord, l’eau de pluie est indispensable à la croissance des arbres qui, grâce à la photosynthèse, transforment le dioxyde de carbone en oxygène et en cellulose, fournissant ainsi la matière première principale de l’industrie : la fibre de bois. Vient ensuite l’eau utilisée pour la fabrication de la pâte à papier et du papier, et enfin les effluents dûment traités.
L’eau étant une ressource essentielle pour ce secteur, la plupart des usines de pâte à papier et de papier sont implantées à proximité de sources d’approvisionnement abondantes. En Europe, la plupart des usines utilisent des eaux de surface, telles que celles des rivières et des lacs (85 % des prélèvements), une partie provenant de leurs propres nappes phréatiques (12 %) et le reste provenant du réseau public d’approvisionnement en eau (1 %) ainsi que de la teneur en eau des matières premières et des produits achetés.1
Il est également important de reconnaître que le prélèvement n’équivaut pas à la consommation, car la majeure partie de l’eau sera restituée à l’environnement. En 2024, environ 90 % de l’eau utilisée dans l’industrie papetière européenne a été restituée à sa source (après avoir été réutilisée au sein de l’usine puis traitée de manière appropriée), le reste s’étant évaporé, restant dans le produit ou se retrouvant dans les déchets solides.1
Dans les usines de pâte à papier et de papier, l’eau circule plusieurs fois avant d’être rejetée dans le milieu naturel. Avant cela, elle doit être traitée, car elle contient des nutriments et des matières organiques. Diverses techniques sont utilisées à cet effet, telles que la filtration, la sédimentation, la flottation et le traitement biologique.
Les progrès réalisés dans les techniques de fabrication du papier et le traitement des eaux ont eu un impact considérable sur la qualité des effluents rejetés par l’usine.
Depuis 1991, on a constaté une réduction de 95 % des niveaux d’AOX (un indicateur de la toxicité liée aux composés chlorés) et une réduction de 79 % de la DCO (demande chimique en oxygène – quantité d’oxygène consommée lors de la décomposition des matières organiques).¹
Si l’on compare la consommation d’eau liée à la fabrication du papier à celle des centres de données,
le contraste est saisissant. Les centres de données nécessitent d’importantes quantités d’eau, principalement pour le refroidissement des serveurs et des infrastructures d’intelligence artificielle. Un petit centre de données d’une puissance de 1
mégawatt peut consommer jusqu’à 25,5 millions de litres d’eau par an rien que pour le refroidissement. Cela équivaut à la consommation quotidienne moyenne d’environ 300 000 personnes.²
À mesure que la demande en matière de cloud computing et d’IA augmente, la consommation d’eau devrait connaître une hausse significative. D’ici 2027, on estime que la demande mondiale liée à l’IA représentera entre 1,1 et 1,7 billion de gallons (4,2 à 6,6 milliards de m³) de prélèvements d’eau, soit plus de 4 à 6 fois le volume total des prélèvements annuels du Danemark. Cela soulève de graves préoccupations en matière de développement durable, en particulier dans les régions déjà confrontées à un stress hydrique.2
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